dimanche 27 décembre
Retrouver son âme d'enfant ...
En cette fin d'année, la recette de la morosité était assez facile à appliquer:
En entrée, prenez un velouté de culpabilité suite à l'echec du sommet de Copenhague
En plat de résistance, une once de grève sur les transports parisiens
En trou normand, notre Johnny national qui commence à tourner de l'oeil
En 2ème plat de résistance, une tonne de boulot (le powerpoint est le charbon des temps modernes!!!)
En dessert, l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan
Bref, j'avais une sérieuse envie de retourner en enfance, cette période où les seuls problèmes consistent à ne pas perdre trop de billes à la récrée et de ne pas se faire choper avec le petit papier de la taille d'un timbre poste qui contient l'ensemble des dates de l'histoire de france du Vercingétorix à l'élection de miss France 2009.
Du coup, ni une, ni deux, je suis retourné au cirque, plus précisément voir le cirque plume à la villette. N'imaginez pas le cirque de Monsieur Loyal et des lions qui passent dans des cerceaux. Ici, il s'agit d'un développement poétique autour d'un thème ("la peinture") mélant numéros physiques et artistiques. Une belle découverte! Pour en savoir plus sur ce cirque franc-comtois, allez voir leur site: cirque plume
Ni deux, ni trois, je suis allé à un concert avec mes parents (quoi de meilleur pour retourner en enfance que d'avoir ses parents avec soi!) au théatre des variétés. Imaginez quatre musiciens surdoués qui jouent de tous les instruments et ce dans à peu près n'importe quelle situation: reprise de thriller de M. Jackson au violon, leçon de musique par un J-S Bach plus vrai que nature, karaoke loufoque et j'en passe.
dimanche 20 décembre
Un magazine tombé par terre ...
Est-ce que cela ne vous ai pas déjà arrivé de voir des signes dans votre environnement, des signes qui vous donnent parfois l'impression que tout n'est pas lié au hasard, mais qu'il y a un petit fil conducteur qui vous présente certaines choses à des moments précis et en des endroits précis? Non, je ne vais pas signer ma carte d'adhésion à la secte du chemin éclairé, mais vous faire part d'une anecdote qui m'est arrivé cette semaine.
Mercredi 17h00 - Gare de Rennes: Ayant 1/4 d'heures à perdre avant de monter dans mon train, je fais un petit tour par le relay H sans objectif précis. En regardant le numéro special Calédonie (souvenirs, souvenirs) de Geo en bas d'une gondole, un petit vieux à la myopie aussi avancée que sa maladresse renverse une brassée de magazines à 20 cm de ma tête et je tombe face à face sur un magazine par terre qui attire mon attention: Le magazine littéraire: "Orwell: écrivain et prophète politique" avec une couverture dessinée par Enki Bilal (artiste que j'adore). Whouou!!! C'est du lourd. Je l'achète et l'embarque avec moi dans le TGV en le tenant plus précieusement que Golum avec son précieux anneau, un peu inquiet de trouver à l'intérieur un ramage pas trop à la hauteur du plumage. Je n'ai pas vu passer les 2 heures de trajet. En plus des nombreux articles sur Orwell, j'ai dévoré les articles sur Miro, Camus, Céline et Gabriel Garcia Marquez (Des artistes que j'aprécie, où au moins leurs oeuvres pour le cas de Céline).
"Les meilleurs livres sont ceux qui racontent ce que l'on sait déjà." Georges Orwell
La citation de Georges s'est largement vérifié. La plupart des articles ne m'ont pas appris grand chose sur Orwell. Mais j'ai pris autant de plaisir à les lire que j'en avais pris à lire les essais des auteurs des articles (Isabelle Jarry, ...). J'ai adoré l'article de François Tallandier sur "Dans la dêche à Paris et à Londres". Quant à Christian Authier, il a écrit un article sur les héritiers d'Orwell au cinéma (sujet dont j'avais commencé l'ébauche pour se blog et que je vais essayer de finir pendant les vacances).
dimanche 13 décembre
Visites de caves ou de domaines...
Depuis quelques années, j'aime aller à la rencontre des hommes de la terre, ceux qui font pousser des terroirs plus ou moins gâtés par la nature de subtils nectars. Finies les sombres piquettes vineuses des années 60-80, les abus de sulfates, de sucres résiduels et les sensations d'avoir un élevage de pie-verts dans la tête après avoir abusé de vin d'alsace tiède. La vigne est en crise, certes, mais de quelle vigne on parle??? Il se passe dans le monde viticole le reflet de notre société. Les grands crus tirent leur épingle du jeu et sont de plus en plus cher, produit de luxe et les cuvées de base trinquent. Bref, au lieu de donner mes deniers aux grandes distributions, c'est décidé, je pars à la rencontre des hommes et femmes qui font le vin: Vosne Romanée, gevrey chambertin, condrieu, cote-rôtie, coteaux de l'aubance, saint-estephe et pauillac, madiran et montlouis... en plus je vais pouvoir réviser ma géographie.
Printemps 2008:
Ou? Vallée de Loire (côteaux du layon, chaumes, anjou et saumur-champigny)
Avec qui: les nancéens avec un camp de base à Roses sur Loire
Domaines visités:
Domaine des Chesnaies: super accueil par la propriétaire, une belle salle de dégustation et de belles dégustations. Un gros coup de coeur pour "les chaumes 2004". A noter, fait aussi chambre d'hôtes. http://www.domainedeschesnaies.com/
Domaine du petit saint-Vincent à Varrains: Accueil enthousiaste par Pelo, une figure des nouveaux vignerons de Varrains. Dégustation eclectique avec un couple d'américains. Surprise avec une cuvée "Pelo 2004" délicieuse. http://www.petit-saint-vincent.com/
salle de dégustation du domaine des chesnaies
Juillet 2008:
Où? Alsace (riesling, pinot noir, pinos blanc, pinot gris)
Avec qui: famille
Domaine visité:
Vincent Spannagel à Katzenthal: accueil par madame spannagel, dégustation des vins avec quelques bretzel: on repart avec le coffre plein de crémants, pinots blancs, pinots gris et quelques riesling.
Mai 2009:
Où? Retour en saumur-champigny
Avec qui: les nancéens
Domaine visité:
Domaine des varinelles: au départ, on était parti pour retourner chez Pelo, mais ce dernier étant absent, nous sommes rentrés par hasard dans la cour du domaine des Varinelles. Bien nous en a pris: accueil chaleureux, visite des caves et dégustation des cuvées vielles vignes en verticale (2004, 2005, 2006). On repart avec du 2004 et du 2005 (16,5 dans la revue du vin de france)
Juin 2009:
Où? Vallée de Loire (découverte de Montlouis)
Avec qui: famille
Domaine visité:
Frères bergers: dégustation en compagnie d'un enterrement de vie de garçon, puis visite de cave creusée dans le tuffeau. Petite déception avec la cuvée sec. On repart avec le montlouis doux!!!
samedi 21 novembre
Après le parapluie,... le roulement bulgare
09h00 ce matin, je me lève après une nuit agitée, j'allume les infos et j'entends la fermeture définitive de l'usine SKF (roulements à billes) de Fontenay-Le-Comte: pas vraiment une fermeture d'ailleurs, plutôt une délocalisation en Bulgarie.
Pourquoi je reprends la plume après avoir délaissé ce blog? Tout simplement parce que j'ai travaillé dans cette usine! En 1998, j'avais découvert à la faveur d'un été le monde de l'industrie et la coupe du monde de foot. Je me souviens parfaitement de mon premier 8 où j'avais serré la main d'un gars de l'équipe de nuit qui avait perdu 3 doigts sur la ligne. Que va t'il devenir? Je me souviens de mes collègues de ligne qui m'ont accueilli chaleureusement, qui m'on appris le travail. Que vont-ils devenir? Je me souviens dans les vestiaires, avant d'enfiler notre côte de debattre sur les chances de l'équipe de france de foot d'aller au bout du mondial. Ces vestiaires, que vont-ils devenir?
Bref, aujourd'hui je suis triste. Ce n'est pas juste une fermeture de plus, c'est une part de ma vie qui vient de disparaître. Pourtant, je n'avais passé qu'un seul mois dans cette usine. J'imagine le désarroi et la détresse de ceux qui y ont fait leur vie pendant plusieurs années.
J'ai les billes, ou plutôt les boules de voir disparaître toutes nos industries les unes après les autres... Une fois que nous ne fabriquerons plus rien, que deviendrons-nous? Peux-t-on vivre dans une société tertiaire avec des employés de banque ou des fonctionnaires??? Je m'interroge. Je lis dans le journal d'aujourd'hui une interview de Louis Gallois, le PDG d'EADS qui se dit désolé que 1/4 des polytechniciens vont travailler dans la banque!
Il y a un proverbe africain qui dit: "un vieux qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle", j'ai envie de le modifier en: "une usine qui meurt, c'est une bibliothèque qui brule", la disparition d'un savoir-faire acquis depuis plusieurs dizaines d'années... Un jour viendra ou l'homme ne saura même plus faire du feu.
Bref, j'ai les boules et j'ai une grosse pensée pour vous les gars!









